C'est le 15 janvier 1704 qu'un arrêt du Conseil d'Etat du Roi "ordonne de quelle manière sera fait l'établissement de la Chambre particulière de Commerce dans la ville de Montpellier".
Ceci constitue une reconnaissance affirmée de Montpellier alors qu'un arrêt de 1701 ne parlait dans son titre que d'"une des Villes de la Province du Languedoc".
Le rôle de la Chambre est défini : recevoir les propositions des marchands et négociants "sur ce qui leur paraîtrait le plus propre à faciliter et augmenter le Commerce ou les plaintes de ce que peut y être contraire", en discuter, les examiner et les envoyer avec avis de la Chambre au Conseil du Commerce établi en 1700 par le Roi.
L'arrêt précise la composition de la Chambre et son fonctionnement : 7 membres dont un président. "Tous les marchands et négociants de la dite ville, soit en gros soit en détail, Nobles et autres, pourront être élus pour être de la dite Chambre particulière de Commerce". Les élus étaient appelés députés du Commerce. Le rôle d'avis et de démocratie économique était déjà celui de la Chambre.
La Chambre devait se réunir une fois par semaine en la maison de la Bourse des Marchands, créée en 1691, sorte de tribunal administratif des marchands, qui se situait rue de la Loge dans un édifice qui a disparu.
L'intendant de la province du Languedoc, le Sieur Lamoignon de Basville alors, exercant une fonction assez comparable à celle des préfets actuels, y avait accès et on lui remettait les délibérations de la Chambre.
La Chambre recevait une subvention de 600 livres - l'IATP de l'époque - versée par les états du Languedoc pour fonctionner.
La Révolution supprimera temporairement les Chambres mais elles renaîtront dès 1802, sous le consulat de Bonaparte et l'impulsion de Chaptal. Leur statut original d'établissement public date de 1898 et a confirmé leur rôle originel de représentant des intérêts du commerce et de l'industrie auprès des pouvoirs publics.